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Honorable Madame, Monsieur,

Malgré que je ne soit pas unfataliste, je vous rappellerai un trilogie historiographe et littéraireintitulé «Le déclin et la chute de l'Empire romain» (The Decline and Fall of roman Empire), dont l'auteur, un historienet écrivain anglais, Edward Gibbon (1737-1794), a formuléde la manière suivante son expérience scientifique et littéraire, malheureuse mais saisissante: «L'histoire n'est qu'un peu plusd'une série de crimes, sottises et malheurs de l'humanité». On pourrait trouver chez d'autres célèbresauteurs de notre pays et du monde des citations témoignantde l'absurdité ou du sens des guerres, «La continuation dela politique par d'autres moyens» (Karl von Clausewit, 1780-1831), qui personnifiaient les visions apocalyptiques de l'humanité outraduisaient la condition et la confirmation du développement technologiquedu genre humain et de la civilisation en général. Malgréque je sache que les hommes et les peuples naissent et meurent, volontairementou par force, je ne suis pas fataliste car je crois que ce qui reste derrièrenous et attribue un sens à la vie de ce monde de toute individuhumaine, de tout peuple et de toute l'humanité - c'est la culture.

Je m'adresse à vous avec l'espoirque l'on peut toujours faire quelque chose pour réduire des crimes,des bêtises et des malheurs apportés par cette guerre nouvelle, qui a touché mon pays et son peuple, ses peuples, 26 de nombre, plus grands ou plus petits. Or, le plus grand des peuples d'ici est diaboliséen proportions incommensurables, peuple qui a donné le nom àce pays, République de Serbie, qui, ensemble avec la Républiquede Monténégro, forma la RFY, suite à la désintégrationde la précédente, plus large, fédération sud-slave.

Le Peuple serbe, un des plus vieux enEurope, «L'Orient à l'Occident et l'Occident à l'Orient» (Comme disait le Saint Sava, 1174-1235, fondateur de l'Eglise orthodoxeautocéphale serbe, 1219), menait pendant son histoire récenteplusieurs guerres, toujours défenderesses et libératrices. Le Peuple serbe, dont le centre étatique était situé, avant l'irruption des Turcs, justement au Kosovo et Métohija actuels,avait deux siècles en or pendant le Moyen Age, le 13e et le 14edont la valeur est confirmée premièrement par les acquisitionsculturelles et monuments de culture, dont prévalaient des monumentsacraux, et pas seulement ces derniers, souvent menacés et endommagés, cependant rarement détruits, pendant le règne des Turcssur des Balkans long de 5 siècles (du 14e au 20e Siècle).

De nombreuses guerres menéespendant deux Siècles derniers, les deux guerres mondiales mêmed'avantage, ont grandement menacé, endommagé ou détruit, de nombreux monuments culturels. Malgré tout, beaucoup parmi euxont survécu, protégés et restaurés lorsquecela a été possible et en mesure en quelle cela a étépossible. Je crois que je n'ai pas besoin de vous rappeler spécialementque pendant les deux guerres mondiales ce peuple se rangeait du meilleurcoté du monde divisé et affronté, du coté gagnant, gagnant du fait d'être meilleur, et non pas du fait d'êtreplus grand ou plus puissant. Je ne voudrais non plus vous rappeler que les monuments d'ici sont inscrits sur la Liste du patrimoine culturelmondial ou figurent parmi les candidats pour la liste, encore moins quela Vieille Serbie, pendant le pouvoir de Tito, après la Secondeguerre mondiale nommée Province de Kosovo et Métohija, dontle nom a été réduit intentionnellement sous la pressiondu nationalisme ethno-albanais à Province de Kosovo - dontla densité des monument, surtout d'édifices sacrauxchrétiens, est la plus grande au monde quand on considèreun espace aussi restreint. C'est justement elle - cette Vieille Serbie,qui est menacé depuis longue datte déjà et trèsfortement, risquant maintenant même une apocalypse.

La dernière guerre n'est pasun conflit mondial ni régional, voire local. Il est évidentqu'il s'agit de la guerre entre l'OTAN et la Serbie, dont les causesne peuvent pas être comparées à rien de tel en histoire,et ne peuvent être justifiées par rien qui existait en droitinternational ou en ordre mondial jusqu'à présent, de quelmanière qu'on le regarde ou qu'on le considère. Cette guerredure depuis un mois déjà et il est incertain quand sera-t-elleclose et passée en histoire, par contre ce qui est certain c'estqu'elle est déjà maintenant la plus destructrice de toutesles précédentes, parce que une grande puissance s'est dresséecontre un petit espace et un petit peuple, doté d'un héritageculturel important.

Comme ministre de culture au Gouvernementde la République de Serbie, dont le ressort est le moins politiquequi soit, dans le sens général du terme «politique» du monde contemporain, je me suis adressé déjàplusieurs fois au directeur général de l'UNESCO, M. FrédéricMayor. Je me suis adressé à lui avec l'espoir que sa voixdécisive et influante de la protestation pourrait demander les forcesde l'OTAN, agissant en dehors de l'ONU, et dont la précision debombardements est tant brutale que menaçante pour la civilisation- de ménager au moins le patrimoine culturel d'ici, certainementpas négligeable de point de vue européen et mondial. Lesguerre antérieures, même quand elle duraient plusieurs années,n'apportaient pas autant, même de loin, de destructions quel'agression de l'OTAN a apporté en un mois seulement. Elles n'avaientpas autant menacé le complexe des monuments et la vie culturelle que cela est le cas pendant la guerre actuelle, ayant pour objectif, parait-il,non seulement de détruire et tuer sans pitié mais égalementd'anéantir la mémoire de ce peuple, son identité etintégrité, sa propre existence, biologique et spirituelle.

Comme mes espoirs que l'UNESCO hausseraénergiquement sa voix de sa plus haute position, déjàpendant les phases précoces de la guerre, restaient vains, je suisobligé de m'adresser au Centre du patrimoine culturel et aux autrescorps de l'UNESCO, ainsi qu'à d'autres organisations internationalessemblables, avec un rapport relativement exhaustif sur des menaces, endommagementset destructions des édifices non seulement sacrales mais également des monuments de l'architecture séculaire, ancienne et moderne.

Parmi des ouvrages d'architecture gravementendommagés ou complètement détruits sont: desponts, plusieurs dizaines d'eux, ainsi que d'autres édifices devaleur exceptionnelle que l'on ne peut pas connecter à aucune stratégiemilitaire pas plus qu'en conformité avec la Charte de l'ONU, ledroit international et de nombreuses conventions internationales, parmilesquelles la Convention de la Haye sur la protection de biens culturels(ratifiée en ce pays en décembre 1955) ce qui engagemoi et vous et tout un chacun qui tient à l'ordre et à lapaix, au droit et à la loi, à la raison et au moral.

Comme, je l'ai déjà dit,je ne suis pas fataliste, et qu'on cette occasion je ne suis pas obligéà me prévaloir de l'esprit pacifiste et équitablede ce peuple courageux et amateur de la liberté, dont je sers lesintérêts et la culture - je suis tenu, sans pathétiqueet au delà de la propagande politique et de guerre, d'attirer votreattention sur les trois derniers effets de bombardements, ayant lieu aucinquième mercredi, jubilaire (21/22 avril 1999), annonçantl'escalade, et non pas l'arrêt, de la destruction sans pitié.Pendant que j'écrive ce texte devant mes yeux passent des imagesde trois derniers méfaits: la destruction du dernier pont sur leDanube (le troisième) à Novi Sad qui coupe cette villeappelée l'Athènes serbe d'avec Belgrade, la capitale serbe; la destruction du centre d'affaires «Usce» (le Confluent)à Nouveau Belgrade, symbole de l'architecture moderne hébergeantplusieurs maisons médiatiques, partis politiques et associationsd'affaires; réduite au néant a été égalementla résidence du président de la RFY, érigéeentre les deux grandes guerres, et réservée au mêmeusage depuis 1944. Au moment où je termine ce texte dans lanuit entre le 22 et le 23 avril 1999 l'immeuble de la Radiotélévisionde Serbie est attaquée bestialement et détruite dans le butd'empêcher les citoyens de ce pays de connaître au moins depures faits sur les causes et effets des attaques fâcheusesdes forces de l'OTAN, secouant et endommageant l'église russe enproximité immédiate et, juste à coté d'elle,la plus grande église serbe à Belgrade, l'église deSt-Marc, ainsi que le théâtre pour les enfants et grands habitationsaux alentours de cette maison médiatique.

Sur la liste des monuments culturelssacraux et autres, anciens et nouveaux se trouve l'entier patrimoine de ce pays de provenances ethniques et religieuses diverses. La listedes monuments endommagés ou (presque) détruits est trop longuepour être citée dans la présente lettre déjàtrop longue. Sur la liste des monuments menacés et/ou endommagésfigurent aussi les plus importants monastères - Zica et Ravanica, Sopocani et Gracanica, Studenica et Ljubostinja, Les hauts Decani et NotreDame Ljeviska, aussi le Patriarcat lui-même, le siège séculairede l'Eglise orthodoxe serbe. Je me réserve la liberté devous informer que le centre ville de Belgrade le plus restreint a étédétruit considérablement, avec trois immeubles représentatifsd'une importance toute particulière de point de vue architectural(9, Rue Nemanjina - juste à coté d'immeuble du Gouvernementde Serbie; deux immeubles des ministères (fédéralet républicain) de l'intérieur; L'Hôtel de la Navigationaérienne à Zemun, et le Monastère Rakovica datantdu 16e Siècle ainsi que le complexe monumental et historique deTopcider ont été gravement endommagés).

L'Agresseur était au courantque les immeubles cités ont été évacuésà même le début des frappes aériennes, et malgrécela sciemment et avec grandes dommages il a porté des coups irréparablesà l'allure urbaine de la capitale serbe et yougoslave. La villede Novi Sad, chef lieu de la province nord de Serbie, où règnentdes rapports modèles entre les communautés ethniques différentes,après la destruction des trois ponts sur le Danube, est coupéede la Région de Srem et de Belgrade. Cette ville a aussi subi desgraves endommagement de l'immeuble de son Assemblée provinciale,un ouvrage de valeur exceptionnelle. Aussi la destruction des deux raffineriespétrolière, celles de Novi Sad et de Pancevo, ainsi que l'endommagementde nombreux monuments culturels à la proximité et aux alentoursde ces villes ont causé de pertes difficiles à remédierà la vie publique, privée et personnelle, et tout particulièrementà la vie écologique et culturelle de ces villes, de la Provinceet de l'Etat entier. La vie culturelle en Province sud de Serbie- Kosovo ( et Métohija), a déjà ététrès menacée, par des actes terroristes de la soi-disantArmé libératrice de Kosovo soutenue de l'extérieurces dernières années et par la résistance des organesétatiques contre ce terrorisme insoutenable. L'intervention extérieuredes forces de l'OTAN, introduite «pour des raisons humanitaires», couvrant l'ensemble du territoire de l'Etat, y compris la Républiquede Monténégro, a touché le plus gravement justementla communauté ethnique albanaise «protégée» de la province, transformé, avec l'exode et immenses perteshumaines, aux brasier et décombres, ruines et incendies, menaçant,endommageant et détruisant, là et ailleurs, des coeurs desvilles et dizaines d'objets sacraux, de monuments culturels et ouvragesde pratiquement toute les grandes villes de l'ensemble du pays (Pristina, Nis, Kragujevac, Pancevo, Podgorica, Kraljevo, Uzice, Krusevac, Prizren, Pec et autres communes et villes).

Nous allons vous faire part du rapportdétaillé sur tout ce qui précède dèsque possible, avec l'estimation des dommages, estimables et inestimables,et horreurs que nous vivons et que nous subissons avec stoicisme, telsque tous le monde, particuliers et institutions d'intégrité,appartenant au monde civilisé, devra hausser la voix de protestationet appeler à la raison et à l'arrêt de cette cataclysmesans pitié.

Vous aussi haussez votre voix - au nomde la Convention de la Haye, de la Charte de l'Organisation des Nationsunies et du droit international ! Le patrimoine culturel serbe, européenet mondial est menacé.

L'Europe est le continent avec deuxcercles culturels, l'un oriental l'autre occidental, et avec une composanteislamique aux Balkans, lesquels sont, dans les circonstances normales,en mesure non seulement de cohabiter mais aussi de coopérer. L'Europeest un oiseau avec deux ailes, avec le plumage serbe plus àl'Orient qu'à l'Occident. L'aile orientale est attaquée sérieusementet gravement blessée - elle courre le risque d'être coupé.Couper à l'Europe son aile orientale, exposée en sa partieserbe et balkanique à une force destructrice aussi puissante, veutdire tuer l'oiseau, tuer la vie matérielle et de communications,spirituelle et culturelle. Et physique et biologique. Haussez, pour l'amourde Dieux, votre voix de protestation pour que cela s'arrête!

A Belgrade, le 23 avril 1999

Zeljko Simic

 

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